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Tout n'est pas non plus tout rose au Brésil. J'ai posté beaucoup d'articles sur des sujets plutôt "légers" ou du moins, pas très "sérieux".Mais il ne faut pas oublier que le Brésil est un pays à plusieurs facettes, et que toutes ne sont pas aussi "positives".
Même si j'en avais déjà une petite idée, c'est vraiment en arrivant ici que je me suis rendue compte à quel point la consommation de crack faisait partie du quotidien de nombreux brésiliens. Et encore, il faut relativiser, ce n'est pas vraiment depuis mon quartier riche que je peux voir comment ça se passe en détails. Mais après avoir passé plusieurs soirées dans le vieux Recife, avoir vu des descentes de flics, des gamins défoncés ici et à Rio de Janeiro, et surtout avoir lu la presse, j'ai vraiment eu un aperçu de l'importance de cette drogue dans la société brésilienne.
Mais tout d'abord, qu'est-ce que le crack? D'après la définition de Wikipedia, le crack est le résultat de la purification par cristallisation de cocaïne lorsque celle-ci est dissoute dans de l'ammoniaque (technique la
plus répandue car la plus simple), du bicarbonate de soude (moins répandu car les dosages doivent être exacts), ou de l'éther
éthylique (ancienne technique qui n'est plus utilisée car trop toxique) ; et chauffée. Cette transformation chimique qui rend la cocaïne fumable lui donne alors l'apparence d'un caillou blanc ou jaunâtre qu'il faut rincer à plusieurs reprises
avant de consommer : on dit que la cocaïne est basée autrement dit transformée en crack.
Le crack provoque des effets et des conséquences similaires à la cocaïne, mais plus violents, rapides, et brefs. Il provoque une montée
immédiate qui se caractérise par une forte stimulation mentale et une impression de rêve qui s'achève à la descente et ne peut continuer qu'avec une nouvelle prise. Il est alors difficile de ne
pas renouveler la dose. La descente (l'état qui suit la défonce) est connue pour être pénible : dépression, anxiété, épuisement, mal-être. L'usage régulier entraîne des hallucinations, une agitation et un comportement violent, une irritablilité ainsi qu'une anxiété, provoquant parfois un épisode de psychose
paranoïde voire un état suicidaire, particulièrement après une consommation excessive. Les usagers réguliers restent soumis à des altérations de l'humeur
plusieurs mois après l'arrêt.
Mais contrairement à la cocaïne, il se trouve que le crack au Brésil est plutôt "bon marché" et est donc considéré comme la drogue du pauvre : la majorité des consommateurs vivent dans les communautés, les favelas ou dans la rue. Si je me souviens bien, la pierre doit coûter dans les 5 reais (2 euros). Mais bien sur, un drogué au crack consomme plusieurs pierres par jour et doit donc avoir l'argent nécessaire pour s'en acheter. Or, ce n'est pas en étant vendeur ambulant ou sans-emploi que l'on peut se fournir. Les drogués vivant dans les communautés et favelas, au fur et à mesure que leur consommation augmente, finissent donc par voler au sein de leur propre famille de l'argent, du mobilier et des vêtements pour les revendre et pouvoir acheter leur crack.
Le cas d'un garçon de 21 ans venant d'une des communautés de la ville a été particulièrement relaté par la presse locale : sa mère, ne pouvant plus supporter les vols d'ustensiles et d'argent, a fini par mettre un somnifère dans la nourriture de son enfant et par l'enchaîner à l'intérieur de la maison pour l'empêcher de sortir et de consommer de la drogue. La police a été appelée, le gouverneur s'en est mêlé et finalement, le garçon a pu obtenir une place en centre de désintoxication, ce que lui même désirait pour arrêter de se droguer et de voler sa propre famille. Au final, il a tenu 8 jours avant de partir et de recommencer à prendre du crack. Quelques jours après, il était poursuivi par deux hommes à qui il devait surement de l'argent. Il a été tué de 31 coups de feu à l'intérieur de la maison de son ex-compagne.
Les assassinats relatés dans les journaux sont en majorité reliés au problème du crack: il s'agit la plupart du temps de jeunes garçons consommateurs de
crack et dont on retrouve les corps en marge de la communauté. La violence qu'on perçoit donc depuis la France concerne en fait en majorité les milieux populaires et pauvres, en lien avec la
drogue.
La plupart des gens vivant dans la rue finissent par consommer du crack. A Rio, avec mes parents et mes frères, nous avons ainsi vu tous les jours des gamins allongés au milieu du trotoir, surement trop défoncés pour aller plus loin. Dans le Antigo, à chaque fois des gamins totalement shootés viennent nous demander de l'argent. Au début, n'ayant pas capté que ce n'était pas forcément pour s'acheter à manger, je leur donnais. Maintenant, non. A Salvador, nous avions ainsi avec des amis étrangers, donné de l'argent à des gamins qui avaient l'air de crever de faim. Avant qu'on nous dise, trop tard, qu'ils allaient échanger la nourriture achetée (lait et biscuit) auprès de mères vivant dans la rue avec leur bébé contre du crack.
Généralement, ces gamins n'ont pas plus de 15 ans. Et n'iront surement pas beaucoup plus loin.
Un étudiant de l'UFPE m'a ainsi raconté qu'il y a quelques années, il y avait beaucoup plus de mendiants dans le vieux Recife. Et puis le crack est
arrivé, et ils ont presque tous disparus. Pour la plupart morts.
D'après des études, le crack serait maintenant la drogue la plus consommée à Rio (près de 60% des consommateurs de drogue en 2009 consommeraient du crack), détrônant la cocaïne. Pourtant, les gros trafiquants faisant la loi dans les favelas ne vendent pas de crack : l'espérance de vie des clients est trop courte, les consommateurs meurent trop vite. Souvent, le crack est donc interdit au sein même des favelas et est très mal vu par les habitants.
Voilà chers lecteurs, je voulais juste vous donner un aperçu d'un problème récurant au Brésil. Des structures sont mises en place pour aider les consommateurs à décrocher (beaucoup se sont d'ailleurs dirigé vers ces structures après la mort du garçon de 21 ans, dont le frère de celui ci qui a avoué être viciado), mais elles sont souvent mal coordonnées, sans beaucoup de moyens et chacune exerce son propre programme d'aide, sans supervision extérieure. Pour vous donner une mesure de l'ampleur du problème, le gouverneur du Pernambuco a décidé de décréter la lutte contre le crack mission numéro un de l'Etat fédéré, après avoir dit "avoir le sentiment d'avoir perdu la guerre contre le crack" après le meurtre du garçon.
Pseudo Skype : morgann29
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- Foi massa po !
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(mais ça c'est plus pour rire ;))