Je sors donc de l'avion munie de mon passeport et de deux papiers, un à présenter à la police fédérale, l'autre à je ne sais pas qui,
qui concerne la grippe A, où nous devons inscrire notre nom, le numéro sur lequel on peut nous joindre en cas d'urgence, et où nous devons cocher si nous présentons tels symptômes ou rien du
tout.
Nous arrivons dans une sorte de sas, où les passagers se divisent en deux files, les brésiliens et les non brésiliens. Tout le staff de l'aéroport porte des masques, ce qui me donne
l'impression que nous venons d'un endroit forcément contaminé. Même si je pense que les précautions sont indispensables, surtout dans un pays où l'accès aux soins n'est pas aussi facile qu'en
France, ça fait un peu psychose tout ça !
Bref, je dois attendre plusieurs minutes avant de présenter mon passeport et le premier papier à la police fédérale. Ensuite je donne le papier de la grippe à une autre personne,
récupère facilement ma valise et mon sac à dos de randonnée et me dirige vers la sortie lorsqu'une dame m'arrête et me demande un autre papier, que je n'ai pas rempli, car le brésilien à côté de
moi m'avait dit qu'il était destiné aux brésiliens uniquement ! Tu parles, il s'agissait en fait d'un papier où nous devions dire si nous transportions des médicaments, et si c'était pour notre
usage personnel. Vu ma tête d'ahurie, la dame me croit quand je lui dis que oui, j'ai des médicaments et que oui, c'est pour moi, et me laisse passer.
Une fois sortie de la salle, je retrouve Isabel, une étudiante de 23 ans qui était l'année dernière à Lille en échange, et une amie à elle. Elles sont venues en voiture, nous montons
donc toutes les trois à l'intérieur et prenons la route : il s'agit de remonter la côte, car l'aéroport est au sud et Isabel vit tout au nord ! Nous traversons donc le fameux quartier de
Boa Viagem, dont Isabel m'avait déjà parlé, comme étant un quartier riche, avec des grosses voitures, des grosses maisons, moche, bref, pas cool.
En effet, au fur et à mesure que nous remontons la longue avenue Boa Viagem, je vois surtout des grands immeubles moches, avec des toutes petites fenêtres, et qui sont entourés de
remparts. De l'autre côté, la plage, avec des vagues énormes (que je ne pourrai pas bodyboarder ou surfer à mes heures perdues ^^, pour cause de requins), et sur la promenade, des terrains de
basket, de foot, de tennis sur lesquels se défoulent beaucoup de gens, ainsi que des petites structures pour se muscler, ce qui permet aussi à certains de bien s'exhiber devant les passants !
Le long de la promenade, il y a aussi plein de petites échoppes toutes colorées, et qui proposent plein de boissons que j'ai hâte de goûter ! Nous avons ensuite traversé un pont (la ville
de Recife en compte plusieurs car, vu de Google Map, elle est construite sur un delta). Nous sommes passés par une mini zone de ce qu'en France on appelerait "non-droit", c'est-à-dire avec plein
de bâtiments fermés, beaucoup de personnes à trainer ou à dormir, bref, pas le genre d'endroit où il doit être sure de se balader la nuit. Ensuite, nous sommes entrées dans le quartier antique de
Recife, où habite Isabel.
Pour ce qui est de la conduite, les brestois, vous ne pouvez pas rivaliser : très sportive, car il s'agit d'éviter les nids de poule, les cyclistes qui arrivent en sens inverse, les gens
qui se rabattent de tous les côtés... ma tête a cogné plusieurs fois la fenêtre ! Ah oui et l'amie d'Isabel, qui était au volant, donnait souvent des petits coups de klaxon : je me demandais
pourquoi, vu qu'il n'y avait personne qui semblait la gêner ! Après avoir posé la question à Isabel, j'ai eu la réponse : en fait, c'était pour remercier les voitures qui la laissaient
passer.
Diana nous a déposé chez Isabel. C'est une maison assez originale : devant, il y a l'allée pour ranger la voiture, un peu d'herbe et sur la gauche, un grillage qui
mène à un jardin plutôt luxuriant ! Je prendrai des photos demain, pour vous montrer l'arbre qui a donné son nom au Brésil. Bref, on entre dans la maison par une sorte de véranda
: en fait, il n'y a pas de fenêtre, à la place, il y a une grille en fer peinte en blanc, ce qui fait que la véranda n'est pas vraiment fermée mais que personne ne peut entrer à l'intérieur de la
maison une fois la porte grillagée fermée. Dans cette véranda, il y a un salon, des canapés... une pièce qui elle-même n'a pas de fenêtre mais des colonnes donne sur cette véranda, c'est le vrai
salon. Il y a aussi la cuisine, qui est presque entièrement faite de carrelage. La fenêtre n'en est pas vraiment une, car elle ne s'ouvre pas, ce sont plutôt des petites vitres pas transparentes
(je ne trouve plus le mot !!!) qui coulissent pour laisser passer l'air.
Derrière la cuisine, la chambre que partagent Isabel et sa soeur, avec le même système de fenêtre, et la salle de bain avec le fameux système des toilettes. Bon
c'est pas top, mais je vous explique : en fait, comme au Portugal, le tuyau est tellement petit qu'il est impossible de mettre le papier dans la cuvette comme en France : on le met dans une
poubelle à part, qui heureusement ici, est changée tous les jours... Bref, dans cette première salle de bain, il n'y a pas d'eau chaude : on la trouve dans la deuxième salle de bain, celle des
parents d'Isabel, à côté de leur chambre. En effet, il n'y a pas de ballon d'eau chaude, il faut actionner un bouton du paumeau de douche (à l'italienne ici, mmmmm !!!) et ouvrir le robinet : là,
on entend le paumeau faire un peu de bruit, et l'eau se réchauffe ! Pour les lavabos, un seul robinet et pas d'eau chaude ! En même temps, vu la température, ça n'est pas si nécessaire que cela.
Ah oui, il ne faut pas boire l'eau du robinet ici, sinon on tombe malade : l'eau s'achète donc en grosses bombonnes et la famille d'Isabel la filtre une nouvelle fois avant de la
boire.
La mère d'Isabel m'accueille tout sourire avec un "Bonjour!". Nous nous asseyons à table. Au menu : de la soupe de pommes de terre, du poulet, du riz (la base) mais pas de
haricots (l'autre base). Et au dessert, un yaourt Nestlé à la fraise. Ca va, le dépaysement n'est pour l'instant pas si flagrant niveau nourriture !
Par contre, il l'est niveau température : 24 degrés environ à 22h ! Ca change ! En sachant que c'est l'hiver, ou plutôt, la saison des pluies : d'ailleurs, il se met à pleuvoir et
l'atmosphère est tout de suite moins lourd. Je me connecte sur internet mais il est tard en France, du coup, il n'y a pas grand monde de connecté. A ce même moment, j'entends des chants
dehors, qui ressemblent à des prières. Isabel me dit de ne pas m'inquiéter, il s'agit de son voisin qui, depuis que sa femme est partie, a rencontré Dieu en essayant de se suicider
et hurle régulièrement, en sortant de la voiture, devant chez lui, ou dans son salon, si bien que Isabel et ses parents ont déjà failli appeler la police pour le faire taire. Mais ce soir,
pas de signe du voisin !
Je lutte jusqu'à 23h (4h, heure française) avant d'aller me coucher, épuisée. Je m'endors presque sur le coup, après avoir repoussé ma couette au bout du lit.